NOUVEL OUVRAGE : ENRICO CECCHETTI - L'HOMME - IL MAESTRO

Blog de gilbert :Les livres de danse de Gilbert SERRES, NOUVEL OUVRAGE : ENRICO CECCHETTI - L'HOMME - IL MAESTRO

Premier tirage à 100 exemplaires nummérotés : 

170 pages - format A4 - iconographie exclusive : Photos dédicacées, documents, lettres de Cecchetti, partitions, etc.

Prix : 30.00€ + 7.50 frais de paquetage et expédition (C.E).

Souscription / Réservation : gilbert.serres@skynet.be

 INTRODUCTION  : Comment et pour quelles raisons cet ouvrage a-t’il vu le jour ?

Après une carrière de danseur étoile, pédagogue et chorégraphe, je me suis essayé à l’écriture d’ouvrages pédagogiques. Demeuré en contact avec mes collègues danseurs, chorégraphes et connaissances du milieu de plusieurs générations, je collectais au fil des années des souvenirs personnels afin d'assurer la pérennité du patrimoine de la Danse. Cette manne me permettrait de concrétiser, peut-être, un projet unique : Le Musée de la Danse (toujours inexistant alors que la danse académique à vu le jour en France il y a 350 ans !)

Auparavant, Serge Lifar avait entrepris en 1977 des démarches qui n'ont pu aboutir pour la création d'un musée *. Claire Sombert, Etoile internationale, reprit l'idée en 2004. Avec l'Association Terpsychore -dont je faisais partie-, elle a regroupé autour d'elle d’autres associations également engagées dans le domaine de la danse. Jocelyne Meunier -à l'époque Secrétaire générale du Salon de la Danse- y a adhéré et soutenu le projet qu'elle a poursuivi après le décès de Claire Sombert. En 2008, l'Association pour un Musée de la Danse est née officiellement et ne cesse de travailler pour concrétiser ce projet.

* Citation de Serge Lifar : « Une oeuvre qui rassemblerait à la gloire de cet Art toutes les ressources esthétiques disponibles et qui serait l'oeuvre chorégraphique totale ».

Pendant ce temps, Michel Bonneau découvre sur Internet un dénommé Jacques Stanlow très impliqué dans notre art et qui est presque son voisin. Ce dernier lui confie deux albums de souvenirs d'Anna Pavlova avec pour mission de trouver un musée de la danse… en France de préférence !

Jacques Stanlow me proposa un rendez-vous avec Michel Bonneau afin que ce dernier me présente ses deux imposants albums réunissant  photos, coupures de journaux, programmes, affiches, lettres, etc. sur la carrière d’Anna Pavlova, de 1909 à son décès à la Haye en 1931.

Je ne doutais pas un seul instant que je tenais entre mes mains un véritable trésor du patrimoine de la danse du premier tiers du XXe siècle. Une de mes plus belles acquisitions !

J’interrogeais alors Michel Bonneau : « Qui est cette dame qui a bâti cette collection sur Pavlova pendant plus de vingt ans ? »

Sa réponse : «  Ma mère. »

Lors du rendez-vous suivant, Michel Bonneau m’apporte le certificat décerné par Cecchetti à sa mère sur lequel est apposé le nom : Fatma Zoraïa Arfa, M. Riza ainsi que la copie manuscrite des partitions de la musique que Cecchetti composa pour les exercices de sa méthode. En première page, une dédicace : « A Fatima Zoraïa Af. Mirza Ritza Khan ».

Michel Bonneau m’annonce que sa maman avait côtoyé dans sa jeunesse à Monaco Serge Diaghilev, quelques célèbres danseuses des Ballets Russes dont Vera Nemtchinova, Felia Doubrovska, Alice Nikitina, Bronislava Nijinska, Lubov Tchernicheva, Nadia Nicolaeva, etc. De surprise en surprise, j’apprends la raison : Fatma avait non seulement suivi quelques cours de Cecchetti dès 1925 (ce dernier revenait lors des saisons des Ballets Russes de Diaghilev à Monte-Carlo) mais qu’un lien affectif et respectueux avait pris naissance depuis lors jusqu’à son séjour en 1928 à l’école de danse de la Scala de Milan pour y parfaire son art.

D’un commun accord, Michel Bonneau, Jacques Stanlow et moi fixons un autre rendez-vous.

Michel Bonneau, entretemps est retourné à ses cartons pour y chercher d’autres documents qu’il m’apporte au fil de nos rencontres. Deuxième trésor du patrimoine, dont voici la liste :

-     la partition de la mazurka de Frédéric Chopin utilisée pour des Sylphides (créée le 23 juin 1909 au Châtelet) sur laquelle sont inscrits à l’encre bleue la chorégraphie et le parcours scénique avec mention au crayon en entête de la partition : Variation de Bronislava Nijinska,

-     une copie manuscrite de la partition de l’unique ballet composé par le maestro  Le triomphe de Terpsichore, sans aucun doute contemporaine du Maestro et réécrite de la main de son / sa pianiste ou par un de ses fils (Luigi, compositeur / chef d’orchestre ?). L’original étant composé en Russie, fin du XIXe,

-     deux photos de Cecchetti à Monte-Carlo (1925) et un portrait dédicacé,

-     une photo dédicacée de Félia Doubrovska dans Le Tricorne de Léonide Massine,

-     une carte postale coloriée envoyée à Fatma par le couple Cecchetti en vacances à Florence (1926 - 1927?),

-     une photo-portrait dédicacée de Nadia Nicolaeva (1927),

-     une photo de Pavlova et Cecchetti prise lors du dernier spectacle de Pavlova au théâtre de la Scala (avril 1927) avant d'entamer la tournée européenne avec sa compagnie,

-     l’annonce d’un quotidien francophone du décès de Giuseppina (1927),

-     la traduction -Suédois en Français- du journal de Fatma (durant les trois derniers mois de cours avec Cecchetti à la Scala jusqu'à son décès) sous forme de lettres envoyées de Milan à sa mère (septembre à octobre 1928),

-     le carnet de notation de Fatma dans lequel elle inscrivait les exercices et notes de Cecchetti à la sortie de chaque cours en 1928,

-     un autre carnet de notation des cours à partir de 1926 et modifiée en 1949,

-     l’ouvrage “a manual of classical theatrical dancing according to the method of Cav. E. Cecchetti” par Cyril Beaumont et Stanislas Idzikowski publié à Londres en 1922 par C.W Beaumont et dédicacé à Fatma en 1926 par Cecchetti sous sa préface,

-     la réédition 1955 avec notations et corrections manuscrites de Sylvie Bonneau (Fatma Arfa),

-     une quinzaine de lettres (de 1925 à 1928) du Maestro adressées à Fatma, dont celle où il lui annonce en exclusivité sa nomination à la Scala, abandonnant de ce fait sa collaboration avec Diaghilev et le départ de son école à Londres,

-     une photo de Cecchetti avec Giuseppina au balcon de leur appartement à Milan quelques mois avant le décès de sa femme. Au verso, un petit mot de Giuseppina adressé à Fatma.

-     une photo dédicacée de Cecchetti sur son balcon quelques mois avant son décès,

-     le télégramme de Bronislava Nijinkka envoyé le 4 juin 1960 de Rio de Janeiro à Sylvie Bonneau, établie à cette époque à l’Ambassade de France de Montevideo,

-     les meilleurs vœux (1969-1970) d’Alicia Nikitina formulés au verso d’une photo souvenir d’une visite des  ballets Diaghilev à une exposition en tournée (1926-1927),

-     une photo représentant une dame remettant un bouquet de fleurs à Sylvie Bonneau à l’école de la Scala de Milan lors de la commémoration (1978) de la disparition de Cecchetti,

-     la carte de remerciements de Serge Lifar adressée à Sylvie Bonneau pour l’invitation à la commémoration du cinquantenaire du décès de Cecchetti (1978),

-     quelques échanges de courrier entre Sylvie Bonneau, Arnold Haskell, Giampiero Tintori, directeur de l’école de danse de la Scala (1976-1978),

 Fatma-Enayet Arfa avait adopté le prénom Sylvie à l’occasion de son mariage. Devenue madame Sylvie Bonneau-Arfa, elle était consciente qu’elle était en possession de précieux documents et contacta plusieurs personnes dans le but de les publier ou bien de faire un legs.

Las d’attendre depuis 2004, sans espoir de voir un jour la création du musée de la danse, toute cette richesse de documentation inédite -par conséquent non exposée au public- m’incita à proposer à Michel Bonneau de la publier. Accord conclu.

Hélas, après maintes tentatives de prospection auprès des maisons d’éditions -aucune n’ayant répondu favorablement, crise aidant avec la réticence des éditeurs à publier des ouvrages sur la danse-, j’ai décidé d’autoéditer ce livre par le biais d’un imprimeur car il me semblait très regrettable de ne pas partager les souvenirs que nous a laissé madame Sylvie Bonneau. L’essentiel n’étant pas dans un but lucratif mais bien dans celui de la transmission. Le choix du format a été délibéré pour une consultation optimale des documents et en fonction de l’usage pratique des partitions que pourraient faire les pianistes.

Une des descendantes de Cecchetti (madame Elena Caccini-Cecchetti née en 1922) contactée par mes soins m’apporta quelques informations supplémentaires quand au legs familial fait à la Scala de Milan et à la bibliothèque de Civitanove par le biais de madame Livia Brillarelli, spécialiste et biographe de Cecchetti. Auparavant, j’avais eu quelques échanges de courriels avec madame Brillarelli pour lui signaler la présence de ces documents. Elle valida l’authenticité des partitions manuscrites et, enthousiaste, m’encouragea à éditer.

Une petite parenthèse personnelle.

Proche de la finition de la rédaction, lors de mes recherches sur la famille Cecchetti, je découvre plusieurs patronymes descendants de la branche Ser Cecchinus datant de 1332 dont Cecchini. Cecchini étant le nom de ma grand-mère maternelle, j’ai voulu approfondir cette similitude et apprends que le patronyme Cecchetti  provient de  la région de l’Adriatique (Civitanova Marche) mais qu’il est également d’origine des régions centrales dont l’Ombrie. La majorité de ma famille maternelle réside encore dans cette dernière : Ponte San Giovanni, Gubbio, Pérouse, ville de naissance de ma grand-mère, et Umbertide, village où sont nées ma mère et sa sœur aînée. On retrouve également des Cecchetti en Toscane et en Vénétie. Quand, au fil des siècles les patronymes ont-ils été modifiés de Cecchinus en Cecchi, puis de Cecchin en Cecchini  pour  aboutir à Cecchetti ? CECC Cela n’a pas tellement d’importance ici, c’est si lointain ! Mais ma motivation déjà grande en fut décuplée.

Nous espérons que cet ouvrage aura le mérite de lever une infime partie révélatrice, sinon complémentaire, des derniers jours d’Enrico Cecchetti. Nous découvrons surtout deux personnalités totalement opposées : L’Homme, simple, raffiné, sensible, d’une éducation sans faille car courtois, prévenant, altruiste et Il Maestro, complexe, verbalement violent envers quelques parents d’élèves, colérique, sévère, excessivement exigeant pour ses élèves -avec quelques coups de canne-, élèves dont il n’admettait pas la médiocrité.  Sévérité verbale - parfois physique- qui était l’apanage de la plupart des grands maîtres d’une autre époque.

Cependant, avant d’entamer le chapitre concernant Enrico Cecchetti, il nous semble  important de retracer en grandes lignes la vie exceptionnelle de madame Sylvie Bonneau-Arfa mais surtout le parcours artistique de la jeune Fatma-Enayet Arfa, la situer ainsi dans le temps par rapport à sa rencontre, sa relation avec il Maestro et, par la suite, son professorat. Qui d’autre pourrait mieux en parler sinon que son fils, Michel Bonneau, auquel je cède la plume ?

4ème DE COUVERTURE

Une jeune écrivaine suédoise épouse un prince persan. Résidents à Monaco à l’époque   des Ballets Russes de Serge Diaghilev, leur fille Fatmeh-Enayet (Fatma la désirée) côtoie Serge Diaghilev, quelques célèbres Etoiles établies à Monte-Carlo dont Vera Nemtchinova, Felia Doubrovska, Alice Nikitina, Bronislava Nijinska, Lubov Tchernicheva, Nadia Nicolaeva, Serge Lifar, etc. et s’initie à la danse classique. Cette expérience lui permet de devenir l’Etoile de l’Académie Provençale sous le nom de « Princesse de Suse ».

Début octobre à fin novembre 1928, Fatma parfait son apprentissage de la danse à la Scala de Milan avec Cecchetti avec qui elle liera une relation professeur/élève amicale empreinte de respect mutuel. Le 1er novembre de la même année elle sera une des dernières élèves à recevoir le diplôme de professorat, « Méthode Cecchetti ». Pendant les douze jours qui suivent, elle sera aux côtés du Maestro qui décède dans la nuit du 12 au 13 novembre.

En avril 1932, sa carrière de danseuse classique (France, Suède, Finlande) est brutalement arrêtée par un accident. Fatma -devenue Sylvie Bonneau par son mariage en 1934- se réfugie au Canada alors que son mari rejoignait de Gaulle. Elle y enseigne la méthode Cecchetti et devient l’associée de June Roper à la B.C School of Dancing.

Dans un carnet datant de 1926 à 1928 la jeune Fatma y inscrit ses cours hebdomadaires qu’elle complète pour son propre usage en 1949. Elle compare la notation de ses cours avec la publication de l’ouvrage pédagogique "a manual of classical theatrical dancing according to the method of Cav. E. Cecchetti” de Cyril Beaumont et Stanislas Idzikowski (1922). Par la suite elle réitère ses comparaisons avec la réédition de 1955. Dans cette réédition, Sylvie Bonneau y rajoute à titre personnel quelques remarques et corrections en précisant à côté de chaque exercice les divergences entre les cours qu’elle a suivi avec Cecchetti et les deux parutions en prenant soin de noter la page correspondante à la partition. Cette partition manuscrite fut réalisée en 1928 par un copiste d’après l’originale, qu’Enrico Cecchetti lui avait offerte une semaine avant son décès et que nous publions en exclusivité dans son intégralité.

 Enfin, les lettres d’Enrico Cecchetti adressées à Fatma de 1925 à 1928  révèlent l’Homme sensible, attentionné et courtois dans la vie privée, alors qu’on découvre -dans la correspondance que Fatma a envoyée à sa maman- le quotidien des trois derniers mois et des derniers cours du sévère, indulgent, colérique et verbalement agressif : Il Maestro.

 Les adeptes de la méthode Cecchetti apprécieront sans doute l’importance de ce supplément d’informations avec l’apport de photos et de documents originaux et inédits.

 Gilbert Serres

 

 

 

 

 

dimanche 15 janvier 2012 13:18


FESTIVAL INTERNATIONAL DE DANSE EN BELGIQUE

L'Ecole de danse Danse ta Vie organise son 1er Festival International de danse à Chapelle-Lez-Herlaimont. Cette école semi-professionnelle est située entre Mons en Charleroi (Belgique). De nombreux professeurs réputés y viennent régulièrement donner des cours.

Plus d'informations sur le site : www.festivalinternationaldedanse.org

 

dimanche 15 janvier 2012 11:22


Adaptation cinématographique - scénario et dialogues d'après le roman "LE TUNNEL"

Blog de gilbert :Les livres de danse de Gilbert SERRES, Adaptation cinématographique - scénario et dialogues d'après le roman 'LE TUNNEL'

 

'Rumeur et Vérité'  (Scénario cinématographique)

 (Modifiable selon la production) 

D'après le roman de Thérèse Massa© ‘Le Tunnel', Editions Thélès, 2005. Inspiré par un fait divers ayant défrayé les chroniques en France dans les années quatre-vingt-dix et dont l'auteure fut concernée.

Adaptation : Gilbert Serres - Coscénaristes : Thérèse Massa & Gilbert Serres -Dialogues : Thérèse Massa © déposé à la SABAM (B) et à la SACD (Fr) - 15 Juin 2011   Afin de préserver la vie privée des principaux protagonistes, les patronymes et les lieux où se sont déroulés les faits ont été modifiés. Toute ressemblance avec les personnages étant pure coïncidence.

Synopsis : Nicole a eu une enfance privée d'amour maternel. Deux drames pendant son adolescence la meurtrissent dans sa chair et son âme. Violée à 14 ans par quatre jeunes de sa classe, Serge, son premier amour se suicide lorsqu'elle a 18 ans. De son mariage de raison avec René, elle a deux enfants, Damien et Carine. Le couple bascule vite dans une spirale infernale à cause de René, souvent absent, alcoolique, violent et jaloux sans fondement.

Quinze années passent. Nicole et René divorcent après quelques mois de séparation. Luc, un ami du fils de Nicole -17 ans plus jeune- éprouve pour elle un amour platonique. Dans le village, la rumeur persiste quant à leur liaison alors qu'il n'en est rien. Suite à des circonstances malheureuses, par peur et par défense, Luc tue Damien. Les jurés ayant retenu la charge d'assassinat, il est condamné à 16 ans de prison.

Au fil des ans de son incarcération, l'amour platonique qu'éprouve Luc pour Nicole se transforme peu à peu mais inéluctablement en un véritable amour, amour devenu réciproque. Mais peut-on aimer le meurtrier de son fils ?

A sa sixième année d'emprisonnement, il demande la main de Nicole. Elle accepte. Le mariage a lieu en prison le 5 décembre 1997, sept ans jour pour jour après leur premier baiser innocent. Nicole a 45 ans, Luc 28 ans. Sa conduite exemplaire vaut à Luc sept ans de remises de peines. Il est libéré trois ans après son mariage.

Une série de drames et d'espoirs dont ils sortiront tous deux meurtris mais riches d'enseignements. La Rumeur avait devancé la Vérité, la vérité doit faire place à la rumeur. Luc est devenu maître de chaix très apprécié, Nicole est aide sociale à domicile aux personnes dépendantes. Ils coulent toujours des jours heureux.

Ce fait divers a été publié en grandes lignes par Pierre Bellemare dans son ouvrage : Au nom de l'Amour, (chapitre : ‘Amour platonique') aux Editions Succès du Livre, août 2006, parmi un recueil d'une soixantaine d'histoires d'amour exceptionnelles véridiques.

Les principaux protagonistes de ce fait-divers ont donné leur accord par écrit pour le livre ‘Le Tunnel' ainsi qu'aux coauteurs du scénario ‘Rumeur et Vérité' pour lequel ils ont participé à la vérification des faits tels qu'ils se sont passés et non pas ce qui a été dit ou écrit.

 NOUS CHERCHONS UNE MAISON DE PRODUCTIONS !

dimanche 09 octobre 2011 11:23


RECUEIL DE GRAVURES MONOTYPES DE PASCAL DUQUENNE

Blog de gilbert :Les livres de danse de Gilbert SERRES, RECUEIL DE GRAVURES MONOTYPES DE PASCAL DUQUENNE

 Présentation du livre :

« Monotypes » de Pascal Duquenne

Editions Pictura-France

Sortie officielle : le 12 octobre 2011

Galerie Pictura.

Pictura - 15, rue Littré - 18000 Bourges - France

Spécificités du recueil : dos carré, collé, cousu, 54 pages, format 20 x21 cm avec une reproduction hors texte sur grand papier d'un dessin inédit de l'artiste Pascal Duquenne : ouvrage totalement réalisé à la main dans la pure tradition bibliophilique.

Pour la première fois, dans sa « riche» carrière d'artiste aux talents multiples, Pascal Duquenne voit ses gravures-monotypes éditées dans un esprit de haute bibliophilie aux éditions Pictura de Bourges : 10ème numéro de la collection « Les Contemporaines », ce  livre tiré sur papier chiffon tradition à la cuve, est numéroté et signé par l'artiste et comporte de nombreuses reproductions de ses œuvres graphiques accompagnées de textes co-écrits par Pascal Duquenne et Gilbert Serres avec un commentaire sur l'art du monotype de Laurent Quillerié et Cécile Pouyat.

Poème de Pascal Duquenne en introït à son livre d'artistes « Monotypes » aux éditions Pictura -Bourges-2011 :

Un et un

Deux et deux

Trois et trois

Tous à la fois

Tout ça, ça fait plus d'enfants

Ça fait plus de vœux

Ça fait plus de voix

Pour parler de ceux

Qui ne parlent pas

Un jour, si je suis président

Je bâtirai une république

Dans laquelle tous les enfants

Iront à l'école civique

Physiquement, mentalement

Avec leurs oreilles, leurs yeux, leurs dents

Pour mieux se voir comme des enfants

Même s'ils sont grands

Même s'ils sont différents

Même s'ils sont uniques 2

________________________________

2 Poème de Pascal Duquenne, novembre 2001, pour l'association Sans tambour ni Trompette,  Président : Francis Degryse.

Introduction à l'ouvrage par Gilbert Serres :

Si dans notre mémoire Pascal Duquenne est encore présent c'est grâce à son talent d'acteur qu'il a pu démontrer dans le film du réalisateur belge Jaco Van Dormael Le Huitième Jour. Pour mémoire, Pascal et Daniel Auteuil s'étaient partagé le Prix de la Meilleure Interprétation Masculine au festival de Cannes 1996. Depuis lors, Pascal a tourné une quinzaine de courts et longs métrages, spots publicitaires, documentaires et feuilletons pour la télévision. D'autres projets de longs métrages sont en cours de réalisation.

Ce que le grand public ne sait peut-être pas est que Pascal possède bien d'autres dons. Il pratique la danse d'expression corporelle, fait du théâtre, joue de la batterie et réalise des monotypes tout en étant un sportif accompli. Il a remporté une quarantaine de médailles dont 20 en or et 10 en argent, majoritairement en natation et course aux Special Olympics, jeux olympiques pour personnes aux facultés mentales réduites.

Devenu proche de Pascal depuis la rédaction de sa biographie 1 en coauteur avec sa maman Huguette Vandeput, j'ai appris à mieux le connaitre.  Sans qu'il ne s'exprime je ressens ses joies, ses peines, ses désirs et déceptions. Pascal n'aime pas l'adjectif « handicapé » mais préfère trisomique ou différent.

Séducteur invétéré, charismatique, il aime les femmes. Un de ses regrets, sinon le plus grand, est de ne pas pouvoir se marier et de fonder une famille. Ce qui pourrait justifier tous ces portraits de femme qui l'ont inspiré : quelles soient proches, croisées dans la rue, aperçues dans un magazine, rêvées ou vues au cinéma.

C'est un honneur pour moi -mais une tache difficile- que Laurent Quillerié et Cécile Pouyat m'ont confié, celui d'écrire un texte accompagnant chaque gravure de Pascal Duquenne Enthousiastes, sensibles et généreux, l'idée leur est venue de compléter leur superbe collection avec la réalisation de cet ouvrage lors de l'exposition de ses monotypes dans leur galerie Pictura à Bourges en Octobre 2010 à l'occasion du 4ème Festival des Déglingués. Mais ses œuvres sont également exposées régulièrement et primées en Belgique et capitale, Paris et en Allemagne.

A travers ces quelques textes, j'ai essayé de mon mieux à transmettre littérairement -avec un brin de poésie, en toute modestie - ses émotions, ses sentiments, son caractère affectueux et sa personnalité attachante. Pascal ne s'exprime ni écrit ainsi.

Avec cette édition luxueuse, Laurent et Cécile désirent faire connaitre les œuvres picturales de Pascal Duquenne à un plus large public. Pour cela, en son nom, celui de sa maman Huguette Vandeput et de son beau-père Enrico Rossi ainsi que de ma part nous leur disons :

UN GRAND MERCI !    

Gilbert Serres

 Ces monotypes ont été réalisés dans l'atelier du CRéAHM - Bruxelles de 2001 à 2008.

___________________

1 Pascal Duquenne, avant, pendant et après le Huitième Jour, France Europe Editions, Nice, 2008, ISBN 978-2-84825-200-1    

Extrait du texte de présentation sur les monotypes (Cécile Pouyat et Laurent Quillerié) :

Dans les gravures de Pascal Duquenne, la figure féminine est omniprésente. Ces femmes semblent parfois  nous dévisager avec une sorte d'indifférence à ce que nous sommes, elles sont là, comme de l'autre côté d'un miroir sans tain et leur yeux passent au travers de nous, sans nous voir. Portraits de femmes croisées au détour d'une rue ou à la faveur d'une rencontre, ces figures au sourire énigmatique  ou à l'expression sérieuse et intense nous renvoient à notre propre regard sur nous-mêmes et sur les autres, sur nos différences et nos similitudes.

Telles les sorcières de Goya, le trait rapide et profond souligne l'ovale de leurs visage : songes drolatiques ou bien sérieux ? Sont-elles, en ribambelles, des sorcières qui cherchent à nous culpabiliser de nos peurs enfantines ou des sentinelles qui se dressent face à la bêtise de notre monde ? Ou femmes sans corps, sans bras, sans jambes, femmes-troncs qui émergent du papier comme à travers des fenêtres ... femmes entr'aperçues ou chair qui s'esquive, elles ne sont pas sensuelles mais émeuvent par leur fixité et leur solitude au sein des gris nuages de l'aquatinte ... cris muets de leurs bouches fermées ou cachées,  surprise ou tristes, elles appellent autant à la rêverie qu'elles dessinent l'épure d'un  cauchemar. Profondeur et noirceur de l'encre qui vient caresser les formes indécises de leurs cheveux ou de leurs traits

Femmes frêles et fortes à la fois, portraits réels ou imaginaires, souvenirs fugitifs, la gravure les réalise avec ce qu'elle a de plus simple et de plus dur : le trait, le noir et le blanc s'échappant au profit d'un gris déchirant, une technique qui ne pardonne pas l'erreur et oblige la main à s'abandonner sans tricher.

Textes de la plaquette :

Pascal Duquenne

Monotypes

textes de Gilbert Serres

Commentaires de Cécile Pouyat & Laurent Quillerié

Pour la première fois, dans sa « riche» carrière d'artiste aux talents multiples, Pascal Duquenne voit ses gravures-monotypes éditées dans un esprit de haute bibliophilie aux éditions Pictura de Bourges : 10ème numéro de la collection « Les Contemporaines », ce  livre tiré sur papier chiffon tradition à la cuve, est numéroté et signé par l'artiste et comporte de nombreuses reproductions de ses œuvres graphiques accompagnées de textes co-écrits par Pascal Duquenne et Gilbert Serres avec un commentaire sur l'art du monotype de Laurent Quillerié et Cécile Pouyat.

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"Que la femme soit le grand sujet de l'art, il s'agit là d'une tradition devenue banalité." écrit Sabine De la Haye dans son article si bien intitulé : Cette femme fatale : approche d'un thème de prédilection du Symbolisme pictural belge... Est-ce à dire qu'à son insu, Pascal Duquenne s'inscrit totalement dans cette forme de tradition artistique en Belgique ayant enfanté nombre de génies des arts plastiques, de Félicien Rops tant admiré par Baudelaire jusqu'à James Ensor ou encore l'immense René Magritte ?  Pour notre plus grande joie, dans les gravures "monotypes"  de Pascal Duquenne, la figure féminine est tout aussi omniprésente.

A travers ce premier livre d'artiste, vous découvrirez le fabuleux monde graphique de Pascal Duquenne,  reconnu par tous pour son talent de comédien récompensé au festival de Cannes avec Daniel Auteuil dans le magnifique film de Jaco Van Dormael "Le Huitième Jour" en 1996 !

Introduction et biographie de Gilbert Serres. Poèmes de Gilbert Serres "traducteur" des émotions et sentiments de Pascal Duquenne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Serres ou www.dansadage.com ou http://gilbert.artblog.fr

Cécile Pouyat et Laurent Quillerié : 

http://pagesperso-orange.fr/galeriepictura

"Monotypes" de Pascal Duquenne

Sortie officielle : le 12 octobre 2011 à la Galerie Pictura.

Pictura - 15, rue Littré - 18000 Bourges - France

Pascal Duquenne et Gilbert Serres seront présents à la Galerie Pictura le 12 octobre à partir de 18h pour dédicacer leur recueil.

La publication de ce recueil s'insère dans le cadre du «Festival des Déglingués »  à Bourges (France) organisé par l'association ARGOS qui vous propose de retrouver Pascal Duquenne et Gilbert Serres pour des  rencontres dédicaces  :

- A Bourges : FNAC, le jeudi 13 octobre à 17h

- A Vierzon : Espace culturel Leclerc, le vendredi 14 octobre à 17h

- A Saint Amand Montrond : Cité de l'Or, le samedi 15 octobre à 18h30

Retrouvez aussi tout le programme du Festival des Déglingués sur : www.argos.asso.fr

 A la recherche d'un équilibre souvent perdu à l'âge du tout numérique, le premier livre d'artiste de Pascal Duquenne intitulé simplement "Monotypes" comprend les magnifiques reproductions de ses estampes accompagnées d'une présentation très sensible du chorégraphe Gilbert Serres, fidèle accompagnateur de Pascal dont les petits "poèmes en prose" sont ponctués d'un texte de spécialistes reconnus de la gravure. En quelques mots : de l'Art, de l'Amour, de la Vérité et un peu d'Histoire de l'art qui rattache Pascal à la longue tradition des grands Maîtres de la Belgique, de Ensor à Magritte!

 Un ouvrage totalement fait main : un anachronisme dans ce monde du Dieu Vitesse ? Non : la beauté du grain du papier pur chiffon, l'assemblage et la reliure faits main confèrent un confort idéal de lecture, soit la garantie d'être à la hauteur de la signification si forte des œuvres de Pascal Duquenne.

 "Monotypes", premier livre d'artiste de Pascal Duquenne, nous ramène à la sensualité première que l'on ressent en retrouvant le toucher ancestral de ces livres faits manuellement: "Livres-objets" qui s'inscrivent dans la durée, "Livres-bijoux", "Livres physiques" que l'on appréhende et que l'on garde  après avoir ouvert l'écrin de ces magnifiques estampes.

 Retrouvez une présentation plus détaillée des techniques de fabrication  du livre d'artiste de Pascal Duquenne sur le site de Pictura : http://pagesperso-orange.fr/galeriepictura

BON DE RESERVATION

"Monotypes" de Pascal Duquenne

Recueil tiré sur papier chiffon tradition à la cuve, numéroté et signé par l'artiste, 54 pages, format 21 x 20 cm avec une reproduction hors texte sur grand papier d'un dessin inédit de l'artiste Pascal Duquenne.

Prix : 40 € * (Pour tout envoi postal, il sera demandé 5 € de frais en sus du prix du recueil). Ce recueil étant fabriqué à la main, nous vous demanderons de bien vouloir accepter un délai de temps raisonnable avant de recevoir votre exemplaire.

Bon de réservation à renvoyer à :

Contact en France :

Galerie Pictura - 15, rue Littré - Bourges- France -Tél. : 02 48 48 18 33

Email : pictura@orange.fr - Web : http://pagesperso-orange.fr/galeriepictura

*Paiement par chèque en France ou virement bancaire au nom de : Association Pictura - IBAN : FR54 300020570000 0079 0813 L50 - Code BIC : CRLYFRPP

 Contacts en Belgique :

Gilbert Serres  : Ridder Walter Van Havrelaan 25/5, 2900 Schoten-Belgique

Tél.: 00 32 (0) 3 272 05 34 - gilbert.serres@skynet.be

 Huguette Vandeput : 70 Verbindingstgraat, 1800 Vilvoorde-Belgique

Tél. : 00 32 (0) 2 251 19 44 /huguette.vandeput@skynet.be

*Paiement par chèque en Belgique au nom de Gilbert Serres ou de Huguette Vandeput.

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vendredi 23 septembre 2011 20:41


Création de l'Académie Royale de Danse par Louis XIV

Blog de gilbert :Les livres de danse de Gilbert SERRES, Création de l'Académie Royale de Danse par Louis XIV

350 ans de la création de l'Académie Royale  de Danse par Louis XIV. Lettres patentes en date du 30 avril 1661

Les Français s'intéressèrent à la danse dès la Renaissance. Les Traités rédigés par Michel Toulouse et Thoinot Arbeau témoignent de cet engouement. Sous l'impulsion de Catherine de Médicis, le ballet devint un moyen de propagande royale pendant le règne de Charles IX. Au XVIIe siècle, la danse était un art pratiqué par toutes les couches de la société française.Tout d'abord, par le peuple. Les diverses régions françaises contribuèrent à enrichir le répertoire chorégraphique et musical du pays : la Bretagne, le Poitou, l'Auvergne, la Provence, etc... Au cours d'un séjour en Armorique, Madame de Sévigné écrivit à sa fille, Madame de Gringna : « Après souper, on dansa tous les passe-pieds, tous les menuets, toutes les courantes de village, tous les jeux des gars du pays. Enfin, minuit sonna : nous voilà en carême

Dans ses mémoires, Louis XIV évoque sa politique en la matière : « Les peuples d'un autre côté, se plaisent au spectacle, où au fond on a toujours pour but de leur plaire ; et tous nos sujets, en général, sont ravis de voir que nous aimons ce qu'ils aiment ou à quoi ils réussissent le mieux. Par là nous tenons leur esprit et leur cœur, quelquefois plus fortement peut-être, que par les récompenses et les bienfaits. » Le Roi se devait donc de danser, à l'image de ses sujets. Il ne se contenta pas de le faire, comme son père, au cours de simples bals. Il le fit sur scène, lors de représentations théâtrales évènementielles. Les Noces de Pelée et de Thétis en 1964 dans lequel Louis dansait, fut donné dans la salle du Petit-Bourbon devant plus de 30.000 Parisiens ! Louis XIV pratiqua cette discipline avec rigueur, afin de rivaliser avec les meilleurs danseurs du royaume.

 L'académie de Danse est une institution fondée à l'initiative de Louis XIV, l'Académie royale de danse reçoit ses lettres patentes en mars 1661. Prédécesseur de l'Académie royale de Musique (fondée en 1669), elle ne fusionnera jamais avec celle-ci et disparaîtra au début des années 1780. Au nombre de treize, les « académistes » font partie de l'entourage du roi et de la cour ; ils sont, pour la plupart, à la fois danseurs et musiciens. C'est ce qui motive la confrérie des musiciens de Saint-Julien à publier en 1664 un virulent factum contre les « prétendus Académiciens ». Cette longue plaidoirie, intitulée Le mariage de la musique avec la danse, est signée par Guillaume Dumanoir  avec comme référence : Joueur de violon du cabinet de sa Majesté, l'un des vingt-cinq de sa grand' Bande, & pourvu aussi de l'Office de Roy des Joueurs d'instruments, & des Maîtres à danser de France. La querelle s'apaise en 1695, par un arrêt accordant sensiblement les mêmes droits aux deux parties.

Bien que l'objet de l'Académie soit de réfléchir, d'analyser et de normaliser en matière de danse, aucun document relatif à son activité ni à cette théorisation n'est parvenu jusqu'à nous. Peu à peu, le recrutement se fait davantage dans les rangs du ballet de l'Opéra que dans l'entourage royal. Le profil de l'Académie se modifie progressivement et ses membres se consacreront essentiellement à la formation des danseurs. De même, « tout honnête homme » était sensé savoir exercer cet art. La danse était enseignée aux gentilshommes au même titre que le combat de l'épée et l'équitation. Pierre Beauchamp (1631-1705), 1er maître de ballet, inventa les positions des pieds.Pierre Rameau les décrivit et les dessina dans son livre Le Maître à danser en 1725.

Au XVIe siècle, une timide approche des trois premières postures ou positions des pieds avaient déjà été décrites mais celles-ci n'étaient évidemment pas destinées à la danse classique :

Les 5 positions des pieds dans la danse classique ont une similitude avec l'escrime : la première -- la seconde -    la 4ème --  - la troisième --  ou la 5ème --.

Sur quelques peintures exposées au Louvre et à Versailles, on remarque que le Roi Soleil positionne ses pieds placés en 4ème, par la suite, les bourgeois et les nobles invités à la Cour l'imitèrent. Cette position avait uniquement pour but de faire admirer leur bas de soie ornée de rubans et bijoux ainsi que la boucle de leurs chaussures à talon. Ce qui, dans le même temps, déterminait leur richesse et leur position sociale.

Les positions des bras : La troisième position des bras à l'école russe est la cinquième position en haut à l'école Cecchetti et la cinquième à l'école française. Cette cinquième position s'appelle également, en France, bras en couronne. Ce terme fut inventé à l'époque de la Royauté française mais, pendant la Révolution, cette appellation, parmi d'autres (par exemple royale pour un grand changement de pieds battu avec les bras en 5e position), a disparu parce que tout mot faisant allusion au roi Louis XVI était interdit ou bien trahissait l'appartenance au parti royaliste. Le seul fait d'utiliser ces mots pouvait coûter sa tête. On risquait de passer sans procès sous la guillotine. A l'instauration de la République, les termes de couronne ou de royale ont été à nouveau employés. Dans les ballets de Cour de la première moitié du XVIIe siècle, les chorégraphies étaient des œuvres collectives, comme la musique. Les danseurs sont tout d'abord des hommes nobles. Peu à peu la technique s'affermit. Les danseurs gagnèrent en virtuosité et se spécialisèrent dans l'exécution de danses spécifiques. L'art se professionnalisa peu à peu.

Sept principales danses étaient pratiquées à la Cour : la Courante et la Gaillarde d'origine italienne, la Gavotte de France, la Gigue d'Irlande, la Sarabande et la Pavane d'Espagne- pavane du mot espagnol pava (le paon)- et le Rigaudon du Dauphiné.

Afin de sauvegarder les techniques transmises par la tradition orale, Louis XIV fonda  l'Académie royale de danse par lettres patentes en date du 30 mars 1661. Ce fut, à l'âge de  23 ans, l'un de ses premiers actes de gouvernement Prédécesseur de l'Académie royale de Musique (fondée en 1669), elle ne fusionnera jamais avec celle-ci et disparaîtra au début des années 1780. Au nombre de treize, les « académistes » font partie de l'entourage du roi et de la cour ; ils sont, pour la plupart, à la fois danseurs et musiciens. C'est ce qui motive la confrérie des musiciens de Saint-Julien à publier en 1664 un virulent factum contre les « prétendus Académiciens ». La querelle s'apaise en 1695, par un arrêt accordant sensiblement les mêmes droits aux deux parties. Bien que l'objet de l'Académie soit de réfléchir, d'analyser et de normaliser en matière de danse, aucun document relatif à son activité ni à cette théorisation n'est parvenu jusqu'à nous. Peu à peu, le recrutement se fait davantage dans les rangs du ballet de l'Opéra que dans l'entourage royal. Le profil de l'Académie se modifie progressivement et ses membres se consacreront essentiellement à la formation des danseurs. Louis Guillaume Pécourt, fut le premier danseur de la profession et chorégraphe. Quand aux premières danseuses de profession, elles n'apparurent qu'en 1681 dans Le Triomphe de l'Amour, soit vingt ans plus tard.

Si la chorégraphie de certaines entrées restait libre en raison de leur caractère burlesque ou dramatique, celle des danses  précitées exigea rapidement une certaine mise en forme. Les entrés se faisaient par Escouades (groupe informel) ou Quadrilles (danse par un ou deux couples. Leur nombre variait de 3  à 12 dans les ballets ou opéras, jusqu'à atteindre le nombre de 20 dans le célèbre ballet Le Triomphe de l'Amour. Pour ses opéras, Lully choisit de collaborer avec 6 membres de l'Académie Royale  de Danse Le compositeur semble avoir eu une part active dans l'élaboration des chorégraphies. Lecerf écrit : « Lully se mêlait de la danse presqu'autant du reste. » Il imagina une gestuelle particulière, proche du mime. Des ballets presque sans pas de danse, mais composés de gestes de démonstrations, en un mot : de jeu muet.

Il ne faut pas omettre de citer les deux plus importants compositeurs de la Cour : Jean-Baptiste Lully, qui avait déjà dansé aux côtés du Roi en 1653 et composé plusieurs musiques, son premier ballet écrit pour l'Académie de Danse fut Le Ballet de l'Impatience et  Beauchamps, également chorégraphe, composa la musique de la première comédie-ballet de Molière : Les Fâcheux. Cette comédie-ballet, livret, chorégraphie et musique fut remaniée plusieurs fois, dont trois à l'époque des Ballets Russes de Diaghilev par Bronsislava Nijinska, George Balanchine et Léonide Massine.

Beauchamps disait qu'il avait appris à composer les figures de ses ballets en observant des pigeons qu'il avait dans un grenier. Il allait lui-même leur porter du grain et le leur jetait. Ces pigeons couraient à ce grain, et les différentes formes, les groupes variés que composaient ces pigeons, lui donnaient les idées de ses danses.  On dit aussi de Beauchamps qu'il n'était pas un danseur de « très bon air », mais qu'il était plein de vigueur et de feu ; à son époque, personne n'a mieux dansé en tourbillon, et personne n'a su mieux que lui faire danser.

Les maîtres à danser de l'Académie Royale de danse mirent au point un système d'écriture des chorégraphies. La publication de ces chorégraphies, en 1700, permit de diffuser partout en Europe, ce qui devait être le fondement de la danse classique moderne. On trouve cependant des écritures ou notations bien antérieures au début du XVIIIe siècle.

Michel Toulouze (fin du XVe siècle - début du XVIe), Thoinot Arbeau (1519-1595), Jean Favier (1648-1719), André Lorin (1650-1710) et Raoul Auger Feuillet (1660-1710). Depuis lors d'autre notation ont vu le jour : E. A. Théleur (avant 1817 - après 1844), Arthur Saint-Léon (1821-1870), Vladimir Stepanov (1866-1896), Rudolf Laban (1819-1958, Olga Desmond (1890-1964), Jia Ruskaïa (1902-1970), Alwin Nikolaïs (1910-1993), Rudilf Benesh (1916-1975) Noa Eshkol (1924-...) et A.Wachman, Valerie Sutton (1951-...). Si tant soit peu ces écrits nous permettent de conserver les chorégraphies, bien peu en sont capables de les déchiffrer. Noter une chorégraphie n'est pas si évident. De tous temps, les chorégraphes ou les danseurs ont pris des notes de leurs ballets, par différentes manières d'écriture. Beaucoup de chorégraphies nous sont ainsi parvenues, d'autres hélas ont disparu du fait des documents perdus, volés ou brûlés, ou parce que le code de déchiffrage ne nous est pas parvenu.

De nos jours, les techniques audiovisuelles nous rendent la tâche beaucoup plus facile. Beaucoup de compagnies remontent des ballets des années 60 ou contemporains sans devoir faire appel au chorégraphe ou à un répétiteur. Souvent, le maître de ballet de la compagnie, et même les danseurs, reconstituent la chorégraphie originale. C'est dommage, d'un certain point de vue, car l'empreinte du maître chorégraphe, la touche finale sont absentes, quelques détails et subtilités finissant par se perdre.

Au XVe  siècle, le ballet se développe partout en Europe. Il se compose de danses, de musiques, de chants et parfois de poèmes.  Les spectacles se déroulent dans les jardins, à l'intérieur ou dans les cours des châteaux. L'appellation dans un théâtre : côté cour et côté jardin et ce, toujours de nos jours, provient justement du fait que les spectateurs étaient assis d'un côté ou d'un autre de la scène situé entre la cour extérieur et le jardin du Louvre. Les places face à la scène étant réservées au Roi et à la cour. Pour se rappeler quel côté est le jardin et lequel est le côté cour il y a une petite astuce que les artistes en herbe utilisent depuis des centaines d'années. Lorsque on regarde la scène, penser à Jésus Christ : Jésus J = jardin à votre gauche et Christ C = à cour à votre droite.

Quelques repères pour la suite de l'évolution:

VIe siècle : Apparition d'un nouveau style de spectacle dans les cours italiennes : le ballet ; début des codifications des pas. L'en dehors est la base de la danse : la jambe est tournée vers l'extérieur, de façon à en montrer la face interne au public. C'est aussi la généralisation à toutes les cours d'Europe.

XVIIe siècle : A la cour du roi Louis XIV, tous les courtisans prennent part aux ballets (la danse, comme l'escrime et l'équitation, fait partie des connaissances et base de tout gentilhomme). C'est aussi le développement de la danse d'élévation (plus de verticalité et de sauts). On voit apparaitre les premiers danseurs professionnels. L'Académie Royale de la Danse devient l'Opéra, où les meilleurs maîtres à danser doivent améliorer l'art de la danse et l'enseigner à d'autres maîtres à danser et à des amateurs ; l'accent est mis sur l'harmonie, l'équilibre, la coordination : c'est le ballet baroque.

XVIIIe siècle : La danse est maintenant pratiquée par des professionnels dans toute l'Europe.

Vers le début du XVIIIe siècle, les femmes ont un rôle de plus en plus important dans les ballets. Elles portent des chaussures à talons plats et des costumes plus légers qui facilitent leurs mouvements. Les plus célèbres : Marie-Madeleine Guimard, Marie Sallé, Anne de Camargo, Gaétan et son fils Auguste Vestris et Louis Duport. Le même vocabulaire français ou terminologie est utilisé et l'est encore de nos jours. Noverre réforme le ballet : le costume de cour est allégé pour permettre des pas et des sauts plus spectaculaires. Le ballet raconte une histoire, sans l'aide de chants ou de poèmes comme dans les opéras-ballets du siècle précédent. Les thèmes sont ceux de l'histoire antique pour la plupart comme Jason et Médée, Bacchus et Ariane, Pygmalion, etc.

XIXe siècle : Au début du XIXe siècle, les chorégraphes composent des ballets inspirés de romans. Les danseuses costumées en gitane ou en fées portent un tutu long depuis 1930. Un nouveau style apparaît : le ballet romantique avec Giselle, Coppélia, La Sylphide. On délaisse les thèmes de l'antiquité pour des contes et légendes, peuplées de fantômes, gnomes, magiciens, sylphides. C'est le ballet blanc, qui donne la primeur à la danseuse, au détriment du danseur qui reste un faire-valoir  comme,  pour ne citer que les deux plus célèbre : Marie Taglioni et Fanny Elssler. Certains rôles masculins sont tenus pas des danseuses. On voit apparaître les chaussons de pointes, une technicité et une virtuosité de plus en plus grandes.

La danse de caractère, à base de danses folkloriques de différents pays, a sa place dans chaque ballet. En Russie, au théâtre Mariinski de St Petersburg,  Marius Petipa danseur et chorégraphe français né à Marseille, créé de nombreux ballets, dont il commande la musique pour les plus importants : Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant et Casse-noisette à Peter Illich Tchaîkowski, La Bayadère à Léon Minkus et Raymonda à Alexandre Glazounov.

XXe siècle : Voit les débuts de la danse contemporaine. En Russie, Serge Diaghilev chorégraphie des ballets rompant avec la tradition classique : jambe en dedans, et  déhanchements. Il travaille en collaboration avec des musiciens : Igor Stravinsky pour Le Coq d'or, le Sacre du Printemps, Apollon musagète, Petrouchka, l'Oiseau de feu, etc. Claude Debussy pour L'Enfant prodigue, Prélude à l'après midi d'un faune, Jeux, etc. et Maurice Ravel pour  Le Boléro, Daphnis et Chloé, la Valse pour exemples aussi.

Tout au long de XXe siècle, George Balanchine, Serge Lifar, Martha Graham, Jérôme Robbins, Merce Cunningham, Maurice Béjart, Roland petit et tant d'autres renouvellent la danse, puisant dans l'héritage classique, les danses indiennes, africaines, noires-américaines et plus récemment le hip-hop et les danses de rue.  Récemment le Hip-hop et les danses de rue.

Certains chorégraphes revisitent les ballets classiques en leur adaptant une nouvelle chorégraphie. Pour ne citer que les plus réussis : Mats Ek pour Giselle et dont le second acte- au lieu de se passer dans le bois avec les sylphes- se passe dans une maison d'aliénés et Le Lac des cygnes où les cygnes femelles sont remplacés par les cygnes mâles, le tout basé sur une histoire d'amour homosexuelle, La Belle au bois dormant de Jean Christophe Maillot, Casse-noisette et Le Sacre du Printemps de Maurice Béjart pour, enfin Coppélia de Maguy Marin.

Glossaire et  petite histoire de la danse avec ses anecdotes et curiosités relevés dans le cahier de Jeux et questionnaire sur la Danse Classique  édité en 2003 pour les jeunes de 7 à 12 ans ainsi que dans Les Coulisses de la Danse - Anecdotes et souvenirs pour adolescents et adultes paru en 1994 qui relate 60 ans de « secrets » entre les années 1935 et 1995.

Le mot chorégraphie vient des deux mots grecs khoreia (" danse ") et graphein (" écriture, dessin "). Dans une chorégraphie (surtout dans la technique académique), le chorégraphe utilise beaucoup de figures géométriques, des patrons, comme par exemple dans Le Lac des cygnes ou Giselle.

On retrouve souvent des diagonales, cercles et demi-cercles, verticales, rangs, files, carrés, rectangles, etc., qui donnent au chorégraphe et aux danseurs plus de possibilités d'utiliser au maximum la surface de la scène. C'est la différence entre un ballet et une démonstration de danse, où les danseurs sont placés en rang et en quinconce pour toute la durée de la performance.

Une autre formation, que l'on appelle les tiroirs, consiste à ce que les danseuses sortent en lignes ou en rangs des coulisses et retournent dans la même formation dans la coulisse identique ou bien dans la coulisse opposée, ou encore dans une autre coulisse. Ceci est également valable lorsque le corps de ballet se déplace du haut de la scène vers le bas et inversement.

La mimique ou mime aurait déjà été présente dans l'Antiquité mais considérons que, pour le ballet romantique et classique, elle vient de la pantomime italienne des farces théâtrales à l'époque médiévale. On peut voir ces gestes expressifs dans des ballets comme Giselle, La Sylphide, Le Lac des cygnes, La Sylphide, La Belle au Bois dormant...

Petits rats : Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce surnom :

La 1ère d'après un document de 1876 : appellation donnée à certains élèves assez médiocres.

La 2ème d'après un écho de coulisses : les élèves passant toutes leurs journées dans l'école de danse, on les croisait souvent se faufilant en courant comme une colonie de rats dans les couloirs et les escaliers lorsqu'ils devaient changer de local.

La 3ème : Un document datant du XIXe siècle évoque le manque de discipline et les dégâts que faisaient les élèves sur les décorations peintes en or les murs, portes, etc. Ces dommages donnaient une apparence de grignotages comme le font ces animaux.

La 4ème : serait à cause de leur tenue de danse grise.

La 5ème : d'après le dictionnaire de la danse, Larousse, 1999 : ce surnom viendrait du mot opéra qui, coupé, serait devenu ra puis rat.

Mais l'explication la plus plausible serait que les élèves se faufilaient en courant dans les couloirs et les escaliers en tenue de danse grises, ce qui faisait penser à une colonie de rats.

La terminologie : Dans le monde, plusieurs écoles de danse classique emploient non seulement des noms différents pour les positions des pieds, bras et quelques exercices mais, surtout pour les orientations et la façon d'exécuter les pas. En somme, le style.

Ces méthodes ou écoles proviennent de la Russie pour l'école Vaganova, de l'Italie pour la méthode Cecchetti, de l'Angleterre - plus précisément The Royal Dance Académie, du Danemark par Auguste Bournonville et de George Balanchine pour les Etats-Unis.

L'école actuelle de l'Opéra de Paris est une fusion de l'école russe et italienne du moins en ce qui concerne uniquement l'interprétation et le style. Même si les termes sont toujours en Français, quelques uns ont été déformés par les Russes, par les Anglais, ou bien ont été attribués à d'autres exercices par rapport à une autre méthode. Cela rend parfois difficile la tâche des danseurs et des professeurs qui ont suivi différentes écoles ou qui changent de compagnie, ce qui engendre parfois des petits conflits ou confusions.

Historique du tutu : D'après le dictionnaire Larousse 2003, le nom de tutu serait une déformation de " cucu ", lui-même signifiant " petit cul ". Ce sont probablement les membres de l'aristocratie, de la bourgeoisie, qui ont donné ce nom au costume de la danseuse à la fin de l'époque romantique ou au début de la période classique d'après le mot cucu (ce qui n'était pas très romantique, ni élégant - n'est-ce pas ?) pour enfin devenir, dans le langage populaire, le tutu. Pourquoi ne serait-il également pas possible que le nom tutu provienne de l'époque où l'on a utilisé pour la première fois en France le tulle pour la fabrication des costumes des ballerines (vers le troisième quart du XIXe  siècle) ? Ce nouveau tissu, nouveau et par conséquent fort coûteux, était déjà employé en France vers 1825 mais surtout pour la fabrication de fines dentelles, des voilettes, etc. Le tulle a d'abord été fabriqué, en France, dans les manufactures textiles des villes du Nord mais, en réalité, c'est beaucoup plus tôt (en 1777) que Robert Frost et Holmes inventèrent le  " point net " en Angleterre (net signifiant en anglais " filet "). Heathcoat et Charles Lacey perfectionnèrent ce système de fabrication qui deviendra par la suite le " point de Tulle ". Le mot tulle viendrait de la ville de Tulle, en Corrèze, près du Massif Central. Mais peut-être aussi, du fait de quelques personnes ne se souvenant pas du nom du nouveau tissu et hésitant à le prononcer (" tu... tu... lle ", le mot tutu est-il ainsi passé dans le langage courant Le mot tutu n'est attesté dans la langue écrite qu'en 1881. Nous avons donc, de nos jours encore, un doute sur l'origine du mot tutu. Ce que nous savons par contre est que le peintre et costumier de l'Opéra de Paris, Eugène Lami (1800-1890), a inventé la robe blanche bouffante faite de crêpe et de mousseline pour le ballet La Sylphide créé en 1832 à l'Opéra de Paris. Cette robe s'appelait le juponnage.

Le tutu romantique (long) est devenu petit à petit le tutu classique (court). Nous supposons qu'à une époque qu'on ne peut préciser, la transition entre le tutu long et le tutu court, afin que ce dernier ne pende pas, se serait faite de la manière suivante : le tutu court était muni d'un cerceau en baleine placé en dessous du pourtour du tulle supérieur, lui-même relié à la taille par des baleines. En ôtant le cerceau, les baleines furent cousues au tulle, ce qui allégea le tutu, mais celui-ci ne restait pas encore droit comme ceux de nos jours. Ce sont les maîtres couturiers anglais qui, les premiers, débarrassèrent le tutu des baleines et du cerceau. Ils avaient une méthode, longtemps gardée secrète, qui consistait à coudre les différentes couches de tulle entre elles et de longueurs différentes. Il y a plusieurs explications à cette évolution du tutu mais nous ne retiendrons que celles-ci : non seulement les danseuses ont peu à peu acquis une meilleure technique, étant ainsi plus libres pour lever leurs jambes plus haut, mais, de plus, le risque existait que leur tutu ne prenne feu.

A l'époque, il n'y avait pas encore d'électricité, la rampe (le devant de la scène) était éclairée avec des bougies, puis avec des lampes à huile et, enfin, au gaz. Les longs tutus des danseuses qui s'approchaient trop de ces éclairages pouvaient s'enflammer. Emma Livry, qui était une élève de Marie Taglioni, a perdu la vie ainsi. Plus récemment, au début des années 60, la danseuse étoile Jeanine Charrat fut grièvement brûlée au troisième degré sur tout le corps. Lors d'une émission de télévision, elle s'approcha trop d'un chandelier allumé et posé au sol. Son costume prit feu en quelques secondes. L'utilisation du feu sur la scène fut peu à peu interdite car beaucoup de théâtres furent détruits par les flammes à cause d'imprudences ou du manque de précautions. Avec l'apparition de l'électricité, la danseuse américaine Loïe Fuller (1862-1928) fut la première, en 1891, à utiliser les effets d'éclairages électriques soit sur son ample costume de soie aux multiples couleurs, comme dans ses solos Serpentin et Papillon, soit avec des couleurs projetées sur son costume blanc.

Quant au costume du danseur dans des ballets comme, par exemple, Le Lac des cygnes ou Giselle, il se nomme un pourpoint. Celui-ci avait déjà fait son apparition dans la société dès le XIIe siècle. Dans des ballets comme Roméo et Juliette (scène de la chambre par exemple), Suite en blanc, etc., le danseur porte une chemise large avec des manches bouffantes volumineuses, contrairement au pourpoint qui, lui, doit être moulant au buste et aux manches. Le danseur porte toujours un collant ou maillot à l'exception de quelques ballets où il peut porter un pantalon avec le pourpoint (s'il doit représenter un personnage militaire ou s'il doit être en uniforme comme le colonel et les élèves dans le ballet de David Lichine Le Bal des Cadets, dont le titre original est Graduation Bal, créé en 1940). La combinaison du bustier d'un pourpoint avec des manches bouffantes et un col de chemise est tout aussi attrayante, comme par exemple pour le ballet Les Sylphides de Michel Fokine, créé le 2 juin 1909 par les Ballets russes de Serge de Diaghilev.

Depuis le début du XXe siècle -Nijinsky dans l'après midi d'un faune en 1912- hommes et femmes portent dans le ballet moderne et contemporain  des collants académiques, ce qui rend le mouvement plus pur et la danse encore plus sensuelle. Pour exemple : dans le Sacre du Printemps de Maurice Béjart où les collants académiques sont couleur chair pour les femmes, collant chair et torse nu pour les hommes, ce qui donne l'apparence de nudité. 

Petite histoire et anecdotes sur le ballet le plus populaire auprès du grand public :

Le Lac des cygnes: La toute première version du Lac des cygnes, chorégraphié par Wenzel Reisinger, a été créée à Moscou en 1877 mais cette production n'eut guère de succès. Ce ballet fut repris deux fois avant que la partition ne soit remaniée, en 1893, par le compositeur tandis qu'Ivan Vsevolojski, directeur du Théâtre de Moscou et, à cette époque, directeur du théâtre Mariinski, révisa le livret. Marius Petipa refit la chorégraphie. Le Lac des cygnes fut représenté dans sa nouvelle version en 1895, à Saint-Pétersbourg, mais, après avoir terminé la réécriture, le compositeur décéda en 1893. Il n'eut donc pas la joie de voir la nouvelle version. Dans le prologue, la princesse Odette est transformée en cygne par le magicien Rothbart (qui signifie en allemand " Barbe rouge- ou Barberousse ").

Cependant, il existe plusieurs versions différentes concernant  l'épilogue :

-la princesse trahie se jette dans le lac, le prince, pris de remords, se poignarde ;

-la princesse meurt, le prince, pris de remords, se jette dans le lac. Le cygne redevient princesse, le prince ne meurt pas car l'amour éternel triomphe sur le mal ;

-le prince se sacrifie en se jetant dans le lac pour tenter de sauver la princesse Odette ;

-la moins connue : le prince Siegfried veut tuer avec son arbalète Rothbart qui se trouve devant la princesse-cygne Odette. Au dernier moment, lorsque le prince tire, Rothbart se déplace de côté et la flèche va droit au coeur de la princesse-cygne.

Tout dépend des nombreuses versions qui virent le jour au XXe  siècle. Ces différentiations ont été apportées au cours des ans, selon les mœurs, usages et coutumes de l'époque.

Bien d'autres anecdotes sont liées à d'autres créations, beaucoup trop pour les citer.

Pour prendre un autre exemple : La partition musicale du Boléro. Elle fut commandée en 1928 à Ravel par Ida Rubinstein qui en fit la chorégraphie, bien avant que ce chef d'œuvre musical ne soit joué par la suite en concert. Cette musique est toujours actuellement l'œuvre la plus écoutée dans le monde. Depuis lors, une trentaine de chorégraphes renommés ont été inspirés par le Boléro dont le plus célèbre étant celui de Maurice Béjart créé en 1960 par Duska Sifnios.

Pour prendre au hasard le nom d'un saut : La cabriole. Elle était appelée auparavant la capriole (de l'italien capriola, - chevrette-, terme altéré d'après cabri). La cabriole a été donc attribuée à ce saut de danse pour faire allusion à ces mammifères qui ruent avec leurs membres postérieurs avant de toucher le sol comme le fait également le cheval, animal dont il existe aussi un pas simplement nommé le pas de cheval. Un pied brosse le sol une, quatre ou plusieurs fois, soit devant soit sur le côté. On le trouve souvent dans le cancan parisien des années 1880.

Pour rester dans le domaine des pieds : Marie Camargo, née à Bruxelles en 1710, était en son temps très technicienne et virtuose. Pour faire admirer son travail rapide des pieds et des jambes, elle a été la première à raccourcir la jupe longue de son costume, ce qui était assez osé au début du XVIIIe siècle. Ballerine rococo par excellence, elle fut reconnue comme étant la première danseuse à battre un entrechat quatre. On emprunta son nom pour désigner une contredanse populaire au XVIIIe siècle.

Les chaussons de demi-pointe : A cause de leurs chaussures raides ornées de boucles et de nœuds et à talons lourds, les danseurs de la cour royale de France, au début du XVIIIe siècle, n'étaient pas capables de faire plus d'un entrechat quatre car ils ne pouvaient pas bien tendre ni croiser leurs pieds. Le danseur italien Gaetano Vestris (1729-1808), surnommé " le Dieu de la danse ", fit carrière à Paris où il dansa plus de soixante-dix rôles dans les ballets et divertissements d'opéras. Le tout premier danseur appelé " le Dieu de la danse " fut Louis Dupré (1690-1774). Gaetano Vestris et son fils Auguste ont été les premiers à porter des chaussures sans ornement superflu et avec de tout petits talons, puis sans talons (probablement les premiers chaussons de demi-pointe pour homme). Ils ont pu ainsi effectuer des entrechats cinq, six... et plus ! Le record des entrechats appartient à Vaslav Nijinski (1889-1950) qui s'est aussi auto proclamé " le Dieu de la danse ". Il est parvenu à faire un entrechat douze, c'est-à-dire trois fois un entrechat quatre ou quatre fois un entrechat trois ou deux fois un entrechat six en un seul saut. En clair, il a ouvert et rejoint les jambes six fois d'affilée !

Les chaussons de pointe sont réservés filles. Cependant, Jacques Chazot fut un des rares danseurs à les utiliser régulièrement dans certains ballets chorégraphié par lui-même comme par exemple dans Banderilles en 1955, pas de deux avec Ninon Lebertre de l'Opéra.

Selon la légende (qui pourrait bien être la vérité), Marie Taglioni avait les orteils alignés. Ses orteils étaient mal formés et de même taille. Ainsi, avec un peu de coton, de fins tissus et d'une sorte de sparadrap de l'époque enrobant ses orteils, elle pouvait rester sur la pointe des pieds dans ses chaussons de demi-pointe en satin. Elle officialisa l'usage des pointes en même temps que le port du tutu long, appelé robe à juponnage, lorsqu'elle dansa en 1832 sur les pointes durant tout le ballet La Sylphide. A son époque, elle fut la première à rester très longtemps sur la pointe des pieds. Nous supposons que les autres danseuses, étant jalouses et voulant faire de même, demandèrent à de fins cordonniers de fabriquer les premiers chaussons de pointes (vers1846). C'est à cette époque (la période romantique) que les danseuses ont commencé à utiliser les chaussons à l'extrémité durcie qu'on a appelés les pointes. Tout récemment, un dessin daté de 1815, représentant Geneviève Gosselin sur les pointes en 1813 (l'année où elle créa le rôle de Flore dans Flore et Zéphire), a été découvert. Ce document va à l'encontre de l'hypothèse selon laquelle Marie Taglioni fut la première à danser sur les pointes des pieds. En réalité, antérieurement (vers 1807), quelques danseuses se plaçaient déjà furtivement sur la pointe des pieds. L'idée de danser sur la pointe des orteils vient probablement des acrobates napolitains qui, eux, dansaient pieds nus dans les théâtres de foire. Leurs orteils recroquevillés n'étaient donc pas maintenus par des chaussons. Dans le Caucase (composé d'une province de l'ex-U.R.S.S., d'une partie de la Turquie et d'une partie de l'Iran), les guerriers géorgiens dansent aussi sur la pointe des pieds mais avec des bottes en cuir très souple. Pour ces danseurs guerriers, il s'agit d'une caractéristique de leurs danses folkloriques, qui leur permettent de montrer leur virilité et leur rapidité.

La danseuse américaine Isadora Duncan, née à San Francisco en 1878, en refusant les contraintes de la technique classique (costume et chaussons), dansa pieds nus vêtue simplement de légère mousseline dans des plissés et drapés d'inspiration grecque. En promouvant la " danse libre ", elle a ouvert la porte à la danse moderne aux Etats-Unis et à la danse d'expression corporelle en Europe. Isadora Duncan était la compagne de Paris Singer, fils de l'inventeur américain Isaac Merrit Singer, qui mit au point les premiers modèles pratiques de machines à coudre. Elle connut une fin tragique, étranglée par son long foulard qui s'enroula dans la roue à rayons de la voiture dans laquelle elle roulait sur la route du bord de mer, à Nice, en 1927.

Le pas de deux : Le fait de danser avec une autre personne, de danser en couple, pourrait-on dire, est aussi vieux que l'humanité. En fait on a retrouvé des traces en Afrique dès 10.000 ans avant J.C. Mais il ne s'est pas toujours agi du pas de deux tel que nous le connaissons aujourd'hui. Dès l'époque préhistorique, l'homme a dansé pour prier les dieux. On trouve également, sur des documents et des peintures de l'Antiquité, des représentations de danses guerrières. Ce n'est qu'au Moyen-Age que l'on commence à danser de plus en plus pour le plaisir. La société médiévale était divisée en classes sociales très distinctes, et chacune de celles-ci a participé au développement d'une forme de danse qui lui était spécifique. Il s'agit d'une étape importante dans l'histoire de la danse : en effet, les trois formes de base que nous connaissons aujourd'hui dans les pays occidentaux vont en émerger. Les danses du bas peuple et des paysans ont donné naissance aux danses populaires et aux danses folkloriques ; les danses adoptées par les artisans et les classes moyennes se sont muées en danses de société et de salon ; les danses de cour, pratiquées par les rois, les reines, les lords et les courtisans ont été à la source du ballet et de ce qu'on peut considérer comme la danse scénique. Dans chacun de ces styles, on retrouve un couple ou un pas de deux qui exprime le besoin de contact social ou l'interaction. Un pas de deux peut être dansé par : un homme et une femme, par deux femmes, par deux hommes, et par un danseur ou une danseuse avec un objet.

Les portés : On retrouve différentes sortes de portés dans la danse populaire, dans la danse folklorique et dans la danse de société. Elizabeth I, reine d'Angleterre au XVIe siècle (vers 1580), aimait la danse. Ce qu'elle affectionnait le plus, c'était d'être soulevée par son partenaire afin de faire un demi-tour dans l'air pendant la volte qui était une danse très à la mode à cette époque dans les cours et les villes d'Europe. Pour effectuer ce porté, le danseur attrapait la pointe du corset situé au-dessus de l'entrejambe de la partenaire. (A l'époque, les corsets étaient fabriqués avec une armature très solide.) Dans la version du Lac des cygnes de Marius Petipa, en 1895, le rôle du prince était tenu par Pavel Gerdt, alors âgé de cinquante-cinq ans ! Le fameux pas de deux du deuxième acte (appelé aussi avec le quatrième acte, les actes blancs) était dansé par trois danseurs : Odette, le prince Siegfried et son ami fidèle Benno. Le rôle de Benno était d'alléger le travail lourd des portés pour Siegfried. Pendant quelques courts instants, Benno rattrapait la ballerine, cependant que le prince exécutait de très beaux ports de bras. Dans les productions ultérieures, ce pas de deux fut dansé par Odette et le prince Siegfried seuls.

Les fouettés : Les fouettés font partie des tours ou pirouettes. Ils sont le plus souvent exécutés par les danseuses étoiles dans le finale (la coda) d'un pas de deux. Il s'agit de faire 16, 24 ou 32 tours dont une jambe tendu devant est ramenée sur le côté afin de donner l'élan avec les bras  pour tourner comme un fouet, d'où cette appellation. La danseuse italienne Pierina Legnani (1863-1923), lors de la création de Cendrillon à Saint-Pétersbourg en 1893, a été la première à réaliser cet exploit sur la pointe. Elle fut également la première danseuse étoile à porter en Russie le titre de Prima Ballerina Assoluta (première étoile absolue).

Si l'on doit reconnaître à l'époque romantique une indéniable importance, il faut admettre qu'elle a également exercé une influence négative sur les danseurs mâles. Leur participation s'est réduite, pour en arriver à ne plus être qu'un simple élément de support pour mettre la danseuse en valeur. D'ailleurs, quelques critiques appelaient le danseur " le porteur " quand ce n'était pas l'allusion caustique de certains critiques :« la troisième jambe de la danseuse ». En réalité, ce sont surtout Vaslav Nijinski, puis Maurice Béjart et enfin Rudolf Noureev qui ont tous trois contribué à " redorer le blason " ou le statut du danseur en créant des solos, variations et pas de deux. Citons par exemple : L'Après-midi d'un faune (1912) de Vaslav Nijinski, des pas de deux pour hommes comme dans Le Chant du Compagnon errant (1971) de Maurice Béjart et de nombreuses variations dans les pas de deux du répertoire revisité comme La Belle au Bois dormant de Rudolf Noureev (1989).

Lors de la création, en 1890, à Saint-Pétersbourg, de La Belle au Bois dormant, Enrico Cecchetti tenait deux rôles : celui de la fée Carabosse et celui de l'Oiseau bleu. La fille de Marius Petipa, Maria Petipa, tenait le rôle de la Fée des Lilas mais elle dut aussi remplacer au pied levé la danseuse, blessée, qui tenait le rôle du Chaperon rouge dans le divertissement du troisième acte (une information obtenue de bouche à oreille).

 En conclusion : Au cours du XXe siècle, un nombre non négligeable de personnalités de la danse a contribué à l'essor de cet art, quel qu'en soit le style : classique, moderne, jazz, contemporain etc., qu'il s'agisse de danseurs étoiles, professeurs, maîtres de ballet, chorégraphes des plus grandes compagnies françaises et du monde. Parmi eux, quelques uns des plus importants : Vaslav Nijinsky, Isadora Duncan, Ruth Saint Denis, Serge Lifar, George Balanchine, Mary Wigman, Kuurt Jooss, Marie Rambert, Ninette de Valois, Frederick Ashton, John Cranko, Merce Cunningham, Martha Graham , José Limon, William Forsythe, Youri Grigovitch, Jiri Kylian, José Limon, Kenneth Mac Millan, Hans van Manen, Pina Bausch, Jean Christophe Maillot,  Thierry Malandin etc., etc.

Gilbert SERRES

 

mardi 26 avril 2011 18:11


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